Emmanuel Picardi and the Bright Sorrow - Well Well Well Blues Château d'Oupeye - 06-03-2025 reporter & photo credits: Paul Jehasse info club: Château D'Oupeye © Rootsville 2025 |
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Pour cette nuit du blues où je fêtais mon anniversaire et que j’ai nommé l’année érotique, eh oui déjà 69 printemps, deux groupes
bien sympathiques nous sont proposés.
Nous commençons tout d’abord avec Emmanuel Picardi & The Bright Sorrow. Entre Riffs, Swing, Soul, Boogie, Rock, Smash & Slap, Emmanuel Picardi chante le Blues. Le sien, d’abord, en français! Même si les esprits restent attachés à l’idée que le Blues doit se
chanter en anglais, Emmanuel est fermement convaincu de l’extraordinaire
potentiel poétique de cette musique, surtout dans notre langue maternelle!
C’est son « Babil In Blues »! Mais il ne se prive jamais de chanter le Blues
des autres, au sien intimement mêlé : Blind Willie Johnson, C. Singleton,
Albert King, B.B King, Don Nix, Sonny & Brownie, Jimi Hendrix, R.L.
Burnside, Big Bill Broonzy ...(source Château d’Oupeye) .Le groove rivé au
fond de l’âme.
Il commence par quelques morceaux choisis dont « Un Endroit où Reposer la Tête », un petit cover de Fenton Robinson avec « Je ne Sais pas ce que c’est L’Amour ». Aidé par ses deux musiciens, René Stock avec sa basse 5 cordes « Fender » qui tient le rythme de façon remarquable et se démène comme un beau diable prouvant qu’il aime la musique de façon exclusive.
Doménico Ferlisi, le batteur, tient aussi parfaitement le rythme et imprime au combo un rythme toujours impeccable.
C’est un peu déroutant, le blues en français mais Manu Picardi tient bien sa partie, soutenu également par un beau jeu très rythmé avec sa guitare « Fender » blanc et noir.
La poésie est aussi présente avec notamment « Prévert et Apollinaire » « Un soir d’Eté ». Sur une anecdote survenue avec son fils, il interprète « La danse des Lions et des Loups » sur des gens dont l’inconvenance est de profiter de la détresse des autres pour les loger comme un troupeau de bêtes.
« Ferré chante Aragon » lui donne aussi la trame d’une chanson. Puis une incursion en langue anglaise avec « J’ai le Be Bob A Lula » en rock fifties et le titre « Fire », une cover de Jimi Hendrix. Il jouera encore un beau slow blues en instrumental avec un très joli solo de guitare électrique. Le public est fort divisé, mais on y a retrouvé des sons qui faisaient penser à de la variété française, mais je trouve que le reste du public était aussi conquis par ses riffs rageurs et ses « intros » bien rythmées.
Cette « Nuit du Blues » nous apermis de retrouver aussi le combo Well Well Well avec Renaud Lesire (guitares /chant), Fabian Benardo à l’harmonica (les Liègeois) et aussi le Limbourgeois Gert Servaes à la batterie. Ils jouent un blues bien gras au rythme parfois lancinant mais bien marqué dans le tempo, allant du Jump, au Boogie dévastateur. Le tempo est très syncopé et parfois la folie gagne nos trois musiciens avec force. N’oublions pas que nous avons la moitié du groupe Boogie Beasts sur scène accompagné de Renaud, donc Boogie et blues à fond la cale et jouissif !
Leur « Old Blues » commence par un petit instrumental à la « slide », suivi de « Wild About You Baby » de Hound Dog Taylor et « Fun In The Bottom ». Fabian est comme à son habitude, déchaîné à l’harmo, il aime ce qu’il fait et emmène tout le public avec lui. Renaud est plus calme, toute proportion gardée, et procure des frissons grâce aux riffs aussi bien de sa « Gibson » brune que de sa « Squier » bleu ciel. Un gospel survitaminé vient avec « Let It Shine ». « Shakin’ It Baby » et le non moins célèbre « Goin’ Down South » de RL Burnside sont les suivants.
Renaud nous rappelle les super souvenirs des débuts de l’aventure du « Château » où on jouait la musique dans les caves avec justement la visite de RL Burnside. Les « jams » de folie y étaient aussi présentes avec l’association de l’ASBL « Mississippi » Electric Kings où notre ami Elmore D était notamment présent avec une kyrielle de formidables musiciens.
« Fire Bell Ring The Bell » pour ne pas quitter directement RL Burnside vient ensuite avec un petit « Little Walter » et « Just Your Fool ». Le public réagit par des cris et des applaudissements fournis à tous ces vieux classiques du Blues.
Pour clôturer en beauté, nous ne pouvions pas manquer de faire la fête à Bernard Jacqmin qui a si longtemps tenu « la baraque » et qui va se diriger dans deux jours vers une pension bien méritée. Un piano était caché sous une tenture à même la scène, pour lui permettre d’accompagner et de chanter avec Well Well Well sur deux titres, « Boom Boom » de John Lee Hooker et « Hound Dog » de Willie Mae « Big Mama » Thornton qui a été la première à enregistrer cette chanson écrite par des jeunes de l’époque, Jerry Lieber et Mike Stoller, et ce bien avant la version à succès d’Elvis Presley. « Hound Dog » interprété en son temps aussi par Sister Rosetta Tharpe, la guitariste bien connue de l’Old Blues Style.
Un petit rappel, réclamé à corps et à cris par le public, termine cette folle soirée, qui restera dans les annales (Chain Chain Chain, d’Aretha Franklin).